Notre Combat


La Solidarité se trouve au cœur d'un quartier populaire de Roubaix. Depuis sa création en 1898 par le pasteur Elie Gounelle, l'association se bat dans le but de réduire les inégalités et de favoriser la solidarité dans notre société pour un monde plus juste. La Solidarité de Roubaix est un sanctuaire religieux et une maison du peuple. La Solidarité de Roubaix croit en une société plus solidaire, fraternelle et juste. Nos valeurs sont l'échange, le partage et l'entraide. Nous œuvrons à mieux connaître notre prochain pour mieux lui venir en aide en dehors de tous préjugés.





Les militant-e-s de La Solidarité de Roubaix affirment qu'aujourd'hui comme hier, notre communauté se fonde et résiste par l’Évangile du Christ Jésus crucifié et ressuscité et par la force que nous avons reçu de notre compagnonnage avec les exclus de la société.

Cette force et ce fondement nous poussent à œuvrer avec des femmes et des hommes qui enrichissent notre foi sans toujours partager nos croyances.

Parce que chaque être humain a droit à sa terre promise, nous croyons nos contemporains capables de reconnaître la dignité de chacun, d'inventer de nouveaux droits à l'existence sociale et des citoyennetés nouvelles, d'oser résister au modèle libéral, et militer pour une économie de la production maîtrisée dans le respect de l'environnement mondial.


Au nom de cette espérance, nous bâtissons un lieu d'accueil et de liberté, des réseaux où se nouent des solidarités nouvelles, des relations exigeants cohérence et clarté. Nous partageons nos expériences,nos différences et nos incertitudes, nos références tissées à travers 120 ans d'évangile populaire pour que notre société s'engage dans le partage du travail, du savoir et des ressources.



Nous recevons notre modèle d'action de la vie quotidienne lorsque le plus pauvre y est appelé par son prénom que l'étranger y trouve son temple et sa famille, le français moyen son bonheur,l’alcoolique sa guérison, le croyant sa prière, le chômeur son utilité, le poète sa chanson, et l'enfant sa maison.

Éclairés par la foi au salut par la grâce, nous renforcerons désormais notre action pour une laïcité qui favorise et garantisse la libre expression et le libre débat populaires des politiques, des religions et des ethniques pour un pouvoir politique capable d'entendre les citoyens, pour un système éducatif qui compense les inégalités natives au lieu de les renforcer, pour des églises et des associations où les hiérarchies professionnelles et pécuniaires deviennent effectivement dépassées, pour la mise en œuvre de complémentarités avec un maximum de partenaires.

Et nous croyons que le geste de chacun d'entre nous contribue à rendre la terre habitable et fraternelle.




Nos objectifs


"Nous avons la conviction que la Santé au Travail permet de s’inscrire dans une forme de socialisation et de responsabilisation."

    Créée en 1896, notre association vient en aide aux plus démunis d’entre nous. Notre but général est l’insertion par l’activité économique, de personnes en rupture familiale et sociale, et en difficulté de logement et de santé. Parmi nos actions, financées par les Pouvoirs Publics et portées par des salariés et des bénévoles, nous avons une Outilthèque. Elle permet d’engager des travaux de rénovation de maisons. Avec le docteur Christine Becquart, médecin du travail à POLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord, nous avons la conviction que la Santé au Travail permet de s’inscrire dans une forme de socialisation et de responsabilisation. Nous préparons un livret d’accueil Santé au Travail pour nos salariés. La loi protège plus qu’elle ne sanctionne. En la respectant, en quelque sorte, on se soigne. La Santé au Travail s’adresse aussi aux salariés en voie d’insertion ».




    Les buts de La Solidarité sont : 

     
    - De mettre en commun les moyens et un style de vie, afin de devenir un lieu d’espérance et de culture populaire au sein du monde ouvrier, du milieu populaire et des exclus ; ceci dans un respect des convictions politiques, syndicales, philosophiques et religieuses de chacun.

    - De promouvoir une action socio éducative en direction des publics enfants, adolescents et adultes (Accueil, CLSH, camps, activités, vacances familiales…).

    - De promouvoir des actions d’entraide, de dépannage et de solidarité.

    - De promouvoir une action de formation et de réflexion.

    - De promouvoir une action d’intervention et de pression, en solidarité avec des hommes et des femmes, des groupes menacés dans leurs ressources, leurs possibilités, leurs droits.

    - De coopérer avec toutes les personnes, associations, organismes ou administrations travaillant dans le même sens pour promouvoir notre but.
     


    Notre histoire


    Elie Gounelle


    E. Gounelle et sa femme
    © DR

    Né dans une famille méthodiste du Gard, Elie Gounelle fait preuve dès ses études de théologie à Montauban d'un souci d'ouverture au monde ouvrier. Après avoir rencontré le pasteur Tommy Fallot (1844-1904), il adhère au Mouvement du christianisme social. Pasteur à Alès puis à Roubaix, Gounelle ouvre en plein quartier ouvrier une Solidarité, première de toute une série, lieu d'expérimentation d'action sociale et de théologie. Il adhère à l'Union des socialistes chrétiens, aile gauche du christianisme social. Il est chargé de la direction de la revue du Mouvement : le Christianisme Social. Pendant la première guerre mondiale, il est aumônier, puis pasteur de paroisse à Saint Etienne jusqu'en 1935. Pendant cette période, il participe à la conférence oecuménique du Christianisme pratique, et met tout en oeuvre pour donner de la cohérence au Mouvement du christianisme social en France, divisé en tendances parfois divergentes. Outre de nombreux articles parus dans le Christianisme social, il écrit plusieurs ouvrages définissant la pensée sociale chrétienne. Cette pensée repose sur la notion de " salut intégral de l'humanité ", où le salut individuel ne peut se dissocier du salut social, et sur la notion de Royaume de Dieu, caché par le péché mais en devenir.


    Mission populaire Evangélique de France


    1871 - Interpellé par un ouvrier de Belleville, le pasteur presbytérien écossais R. McAll s'installe à Paris au lendemain du massacre des communards et loue des salles de bistrots pour évangéliser les ouvriers. 


    1892 - La Mission Populaire compte 136 salles d'évangélisation dont 43 à Paris et banlieues, 2 péniches "La bonne Nouvelle" et le "Bon Messager".


    1895 - La première communauté missionnaire est fondée à Grenelle (Paris 15e).

    1900 - Renouveau de la MPEF dans une perspective de christianisme social : colonies de vacances, lutte contre l'alcoolisme et la prostitution, débats sur des sujets sociaux...

    1931 - Création de Soleil & Santé, pour animer les activités de jeunesse au sein de la Mission Populaire.

    1969 - La Mission Populaire rejoint la Fédération Protestante de France.

    1992 - La résolution du Congrès d'Ecully réaffirme les idéaux de la MPEF fondés sur l’Évangile et le compagnonnage avec les exclus.


    Christianisme Social: des origines à nos jours

    À la fin du XIXe siècle, des pasteurs protestants émus par la misère ouvrière entament une réflexion sur la justice sociale. C’est après la Commune de Paris que naît parmi les protestants ce nouveau mouvement théologique qu’est le Christianisme social. La révolution industrielle a provoqué de telles misères dans les quartiers ouvriers des villes que des pasteurs se sont émus et ont amorcé une réflexion théologique sur la question sociale.

    À partir de 1872, la Mission populaire évangélique, animée par le britannique Robert McAll, avait attiré l'attention sur l'ignorance religieuse des classes ouvrières.

    À partir de 1878, le pasteur Tommy Fallot, issu d'une famille d'industriels et pasteur de la chapelle du Nord de Paris (ancienne Chapelle Taitbout), plaide pour un socialisme chrétien. Pour lui, il ne s'agit plus seulement d'assistance, de charité ou de morale mais de justice sociale. L'écho de ces innovations amène à Fallot des hommes éminents comme le doyen Raoul Allier et des pasteurs comme Charles Wagner,Wilfred MonodElie GounelleJules Jézéquel, mais elle dresse aussi contre lui une frange conservatrice et bourgeoise du protestantisme.

    Au même moment à Nîmes se constitue « l'École de Nîmes », autour de l'économiste Charles Gide, oncle d'André Gide. Celui-ci cherche une troisième voie entre capitalisme et socialisme. Il est à l'origine du mouvement coopératif : coopératives de production et de consommation. Il met l'accent sur la solidarité.

    En 1896 est créée la Revue de Christianisme social, revue qui paraît encore aujourd'hui sous le titre « Autre Temps ».
    Le relais de Tommy Fallot est pris par les pasteurs Elie Gounelle à Roubaix, Jules Jézéquel à Laval et Wilfred Monod à Rouen. Ils œuvrent dans des paroisses ouvrières et créent des associations appelées « solidarités », sortes de maisons chrétiennes du peuple, où se côtoient protestantscatholiques et agnostiques.

    Si le socialisme n'accueille pas ce mouvement à cause de sa dimension chrétienne, l'Église protestante du début du XXe siècle sera marquée par la dimension sociale chrétienne.


    Aucun commentaire:

    Enregistrer un commentaire